Football - Coupe du monde

10 novembre 2017 22:37; Act: 10.11.2017 22:45 Print

Les tops et les flops en Irlande du Nord

par Robin Carrel, Belfast - A Belfast, la Suisse a fait un nouveau pas en direction de la Russie. Retour sur les quelques jours passés par la Nati en Irlande du Nord.

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Le penalty de Ricardo Rodriguez a tout changé. (Photo: Keystone/Laurent Gillieron)

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Jeudi soir, grâce à un penalty inexistant transformé peu avant l'heure de jeu par Ricardo Rodriguez, l'équipe de Suisse a pris une longueur d'avance (0-1) sur l'Irlande du Nord en barrage de qualification à la Coupe du monde 2018 en Russie. Retour sur un déplacement belfastois, qui a permis à la troupe de Vladimir Petkovic de toucher du doigt son rêve planétaire.


Les tops

Les stats avec la Nati

On le verra un peu plus bas, ne pas être encore qualifié après dix victoires sur onze rencontres qualificatives pour le Mondial est une sorte d'exploit. Mais presque toutes les autres statistiques parlent en faveur de Xherdan Shaqiri et compagnie. Aucune équipe ne s'est qualifiée après avoir perdu le match aller des play-offs à la maison et une seule équipe a réussi à renverser un score déficitaire après la première manche. Il s'agit de la France face à l'Ukraine en 2013 (aller 2-0, retour 0-3).

L'Irlande du Nord

On peut dire ce qu'on veut sur le football pratiqué dans le coin. Les Nord-Irlandais n'ont que peu de joueurs de haut niveau et il ne leur est pas interdit de jouer avec leurs armes, de défendre et de balancer des grands coups de savates vers l'avant. Encore heureux que le jeu de ballon garde certaines différences culturelles. De plus, la simplicité du groupe de Michael O'Neill et des gens sur place conquièrent immédiatement les coeurs. Dès qu'on arrive à passer outre certains accents difficilement compréhensibles, les gens de Belfast et alentours sont tout simplement adorables.

Le pragmatisme suisse

La Nati a trouvé depuis quelque temps son style de jeu pour venir à bout des nations dites faibles ou moyennes du continent et la recette a encore une fois fonctionné contre l'Irlande du Nord. Les Suisses monopolisent le cuir, se créent quelques petites occasions par-ci par-là et finissent toujours par trouver la faille au moins une fois. Si cela permet de ne pas connaître trop de frayeurs jusqu'ici, la méthode a prouvé ses limites contre les «grands». C'est le prochain palier à franchir pour l'équipe de Suisse, si elle veut un jour se battre pour les grands honneurs.


Les flops

Les chiffres bruts

Ça commence à devenir assez fou. La Suisse a remporté dix de ses onze derniers matches de qualification pour la Coupe du monde et n'est toujours pas qualifiée pour cette dernière! Dans le style «il n'y en a point comme nous», avouez que ce chiffre est assez fort. La faiblesse de la poule de qualification explique facilement ce fait, mais l'attente commence à devenir rudement longue. Allez, dimanche soir, on saura enfin s'il faut poser des vacances l'été prochain.

La sécu du Windsor Park

Pendant des années, les stades britanniques étaient réputés pour leur ferveur et l'ambiance unique qu'on pouvait y vivre. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que certaines enceintes de Premier League figurent au programme des touristes du monde entier. Mais cette volonté d'accueillir le monde a un revers de la médaille: certains écrins ont gentiment un fond sonore digne d'un musée. A Belfast, il est écrit partout que les spectateurs «doivent rester assis en tous temps durant le match»... Autant dire que certains vieux de la vieille du coin n'étaient pas franchement d'accord et que la majorité du stade était debout pendant la rencontre. Avec l'ambiance qui va avec.



L'arbitre

Si un 0-0 venait sanctionner le match retour à Bâle et que la Suisse gagnait son billet pour la Russie sur le seul but inscrit par Ricardo Rodriguez sur un penalty que tout le monde d'accord à juger inexistant, la qualification aurait un goût un peu amère, avouons-le. M. Ovidiu Hategan n'a pas seulement inventé une sanction suprême à l'heure de jeu. Il a aussi eu tendance à siffler de manière un peu «commerciale» et à l'envers du jeu. Il aurait également dû expulser Fabian Schär dès l'entame de match pour son attentat sur Stuart Dallas.


L'avion du retour

L'équipe de Suisse a connu quelques petits désagréments à l'heure de quitter Belfast. La longue piste de l'aéroport de Belfast a été réquisitionnée quelques minutes pour accueillir un autre avion et la Nati a été baladée d'un terminal à l'autre, avant de perdre de longues minutes en bout de piste. Comme si les Nord-Irlandais avaient voulu faire payer aux Helvètes leur penalty de la veille en les scotchant sur le tarmac! Si la sélection de Petkovic est en dette d'une ou deux heures de récupération, elle saura où aller les chercher...