Football - Coupe du monde

08 novembre 2017 15:53; Act: 08.11.2017 16:02 Print

La simplicité peut aussi être une arme

par Robin Carrel, Belfast - En Irlande du Nord, on ne se prend pas la tête. Les joueurs locaux y forment un vrai «esprit club» et ça pourrait bien payer jeudi soir.

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Les Irlandais du Nord se sont entraînés sans pression mercredi midi. (Photo: Keystone/AP/Brian Lawless)

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La sélection nord-irlandaise est en train de vivre une de ses périodes les plus fastes. Mais ce n'est pas pour autant que la troupe de Michael O'Neill va se prendre pour ce qu'elle n'est pas. Les «Norn Irons» ont pour eux leur combativité et leur style de jeu, mais aussi une insouciance qui tranche avec de nombreuses autres équipes internationales. Rafraîchissant, mais aussi dangereux pour l'adversaire.

Invité à s'exprimer en conférence de presse d'avant-match au Windsor Park de Belfast, Jonny Evans n'a pas semblé crouler sous la pression, malgré la présence d'une sacrée cohorte de médias. L'événement non plus, n'a pas semblé le troubler outre-mesure. Sa sélection n'a pourtant plus joué de Coupe du monde depuis 31 ans... «Il faut prendre les choses normalement, a-t-il simplement répondu. On sait que l'atmosphère va être énorme et on s'en réjouit. Mais on est relax et il n'y a pas de pression particulière sur les gars. On a un peu d'expérience avec ce qu'on a vécu ces dernières années.»

«Pas mal de vécu»

L'expérience, justement, ses coéquipiers n'en manquent pas. La majorité du groupe compte plus de 60 ou 70 sélections. Ce qui peut être salvateur au moment où les pieds commenceront forcément à trembler. «On a pas mal de vécu avec ce groupe, a apprécié le sélectionneur Michael O'Neill. On a traversé pas mal de choses ensemble, de bonnes expériences, comme de moins bonne. On sait tout ce que ça peut signifier pour le pays de se déplacer en Russie l'été prochain. Mais jeudi soir, il faudra aussi se rappeler que ce barrage se joue sur 180 minutes et pas seulement 90. Il faut penser à aller à Bâle avec quelque chose à jouer...»

Ce «play-off» a ceci de particulier que les coaches nationaux, déjà privés de leurs joueurs la majorité du temps, n'ont eu cette fois que trois jours pour les préparer à ce match aller. Ensuite, ils n'auront que 67 heures et 30 minutes pour corriger ce qui aura lieu de l'être avant de se retrouver sur la pelouse du Parc St-Jacques. Autant dire que quand une sélection fonctionne avec une sorte d'«esprit club», comme a réussi à le construire Michael O'Neill, c'est pas mal de temps de gagné.

Moins à perdre

«C'était la clé de ces dernières heures. Avec mon staff, on avait que quelques jours pour que l'équipe soit prête à jouer comme d'habitude, a analysé l'ancien milieu de terrain de Newcastle. On est très excité pour ce rendez-vous et on s'en réjouit. On a monté une petite vidéo de motivation pour les joueurs, afin de leur donner encore plus de fierté de jouer pour l'Irlande du Nord. Ce n'était pas forcément nécessaire, parce qu'elle viendra toute seul, aussi grâce à l'ambiance qu'il y aura dans le stade... Les joueurs ont adoré le dernier Euro en France. Jouer un Mondial, ce serait même plus fort et ça rassemblerait encore davantage de monde au pays.»

C'est un fait, les Nord-Irlandais ont moins à perdre que la Suisse, présente pour sa part lors de six des sept grands tournois internationaux. «Ce qu'on a fait jusqu'ici est déjà énorme, a d'avance savouré Jonny Evans, défenseur de West Bromwich Albion. On donnera tout ce qu'on a à donner. C'est une nouvelle belle occasion de prendre du plaisir ensemble et on va la savourer. On essaiera de terminer la semaine en se disant qu'on a tout donné.»