NIFFF

13 juillet 2018 07:00; Act: 13.07.2018 07:07 Print

«Pas besoin d'Hollywood pour faire des films!»

par Marine Guillain, Neuchâtel - David Cronenberg était à Neuchâtel jeudi. Il a causé littérature, Netflix... et bien sûr cinéma.

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Le réalisateur canadien de 75 ans a donné une conférence jeudi dans le cadre du Festival du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF). Il est revenu sur ses premiers rapports avec le cinéma: «Je me souviens quand j'étais gosse, j'ai vu des adultes sortir d'un cinéma en pleurant et je me suis dit «Wahou, ce que peut procurer comme émotion le cinéma!» C'est la première fois que j'ai senti le pouvoir de cet art, que j'ai compris que ce n'était pas juste un divertissement. Je me suis approché pour voir de quel film il s'agissait et j'ai vu écrit: «La Strada», de Fellini».

Fou de technologie, le jeune Cronenberg se demandait comment il était possible de synchroniser le son avec l'image. «C'était ma grande question! Comme ça me passionnait, j'ai loué une caméra et j'ai commencé à faire des films comme ça, avec des copains, de manière vraiment innocente». Et au cinéaste de marteler: «Vous n'avez pas besoin de faire une école de cinéma ni d'aller à Hollywood pour faire des films!»

Durant la conférence, le Canadien a aussi assuré qu'il ne cherchait pas à faire peur dans ses long métrages, mais qu'il les voyait plutôt comme des voyages philosophiques: «L'art qui m'attire le plus est celui qui provoque des réflexions psychologiques». Il a expliqué que son attachement au polar était héréditaire car son père, journaliste, écrivait aussi des histoires de crimes pour un journal canadien.

Netflix, une nouvelle inspiration

Même s'il était un passionné de littérature, David Cronenberg n'a jamais adapté de roman avant «Dead Zone», sorti en 1983. Après ce travail sur le livre de Stephen King, le cinéaste a réalisé qu'il était possible d'entrer en osmose avec un auteur. «La réalisation et l'écriture sont deux talents très différents, note-t-il. Je n'aurais pas pu écrire ce film et Stephen King n'aurait pas pu le réaliser. Je me suis dit alors qu'il fallait laisser derrière cette attitude un peu snob de «C'est moi l'auteur».»

«Récemment, j'ai pensé que ma carrière cinéma était finie et que j'allais écrire un nouveau roman, a avoué le réalisateur. J'ai l'impression qu'il y a des choses, ce que l'on ressent à l'intérieur de nous, qui ne peuvent pas être exprimées au cinéma, mais peuvent l'être dans un livre. Et puis je passais beaucoup de temps sur Netflix. J'ai découvert des séries vraiment brillantes. Le cinéma n'est pas mort, mais je crois que le grand écran est en train de se transformer en un million de petits écrans. Est-ce que je vais écrire une série? Peut-être, on verra!»