La police vaudoise prévient

13 mars 2018 16:28; Act: 13.03.2018 17:22 Print

Transférer des fichiers illicites peut coûter cher

Environ 30 cas de pornographie dure concernant des Vaudois ont été pointés par les Etats-Unis en deux mois. Les utilisateurs sont parfois de bonne foi.

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Depuis le changement de législation il y a 3 ans aux Etats-Unis, les cas dénoncés sont en hausse. (Photo: Keystone/A3250/_oliver Berg)

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Aux Etats-Unis, les fournisseurs d'accès ou de service à Internet ont le devoir de dénoncer les contenus illégaux qui transitent par leurs réseaux. Le bureau qui centralise ces dénonciations et les transmet ensuite aux autorités pénales en a reçu 8,2 millions en 2016, explique mardi la police cantonale vaudoise.

Depuis environ trois ans, ces dénonciations arrivent sur le bureau des spécialistes de la police vaudoise qui traquent la pédophilie sur Internet. Et elles commencent à arriver en nombre. «Les collègues des moeurs se sont rendu compte qu'il y en avait de plus en plus», confirme Arnold Poot, porte-parole de la police.

Depuis le début de l'année, la police vaudoise a déjà reçu une trentaine de signalements en provenance des Etats-Unis. Ces signalements proviennent principalement de Google, Facebook, Twitter, Microsoft ou Periscope. «Toutes les personnes concernées font l'objet d'une procédure pénale. C'est le procureur qui décide ensuite s'il y a condamnation», explique le porte-parole.

Infraction pénale

Car toute diffusion de pornographie interdite constitue une infraction au sens de l'article 197 du code pénal. Pour rappel, les fichiers illicites concernent les actes sexuels avec des enfants, des animaux ou des actes de violence entre adultes, même s'il s'agit d'images de synthèse ou des dessins.

Dans les faits, si quelques signalements en provenance des Etats-Unis sont le fait de réels consommateurs ou collectionneurs de fichiers illicites, la majorité des cas concernent des internautes qui partagent ou font suivre des fichiers illicites dans un but «informatif», en disant par exemple «regarde comme c'est horrible, il faudrait dénoncer», explique en substance le spécialiste.

Pour éviter à ces internautes de faire l'objet d'une enquête, la police leur recommande de ne pas transmettre ces fichiers plus loin, mais de les effacer immédiatement. Il convient également d'indiquer le fichier comme inapproprié sur le site, voire de le signaler à l'Office fédéral de la police via leur formulaire d'annonce sous: www.cybercrime.ch.

Pas de liste noire

En outre, les autorités américaines n'ont accès qu'aux différents profils ou adresses de courrier électronique, ainsi qu'aux IP. Mais pas les noms et coordonnées des consommateurs suisses qui se cachent derrière. A priori, il n'y a donc aucun risque d'être arrêté en se rendant aux USA, par exemple pour des vacances. Cela dit, pour l'obtention d'un visa, des questions relatives aux profils sur les réseaux sociaux sont posées. «Je ne sais pas si, dans ce cas-là, il pourrait y avoir une incidence», concède le porte-parole.

(nxp/xfz)