Tribunal de Vevey (VD)

07 novembre 2017 14:48; Act: 07.11.2017 15:17 Print

Il promettait une partie de golf avec Obama

par Christian Humbert - Un quinquagénaire ne manquait pas d'imagination pour tromper son monde. Il conteste tout mais s'expose à une nouvelle peine.

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Un quinquagénaire est accusé d'avoir soutiré de l'argent à son papa en lui faisant miroiter une hypothétique partie de golf avec l'ancien président américain Barack Obama.

Une faute?

La police n'en a pas l'habitude : c'est le jour de l'enterrement de son père qu'elle a arrêté un quinquagénaire en septembre 2016. Le bonhomme avait déjà été condamné à une peine de 2 ans avec sursis de cinq ans pour avoir détourné de l'argent de la structure Aigle Région, qui l'employait comme délégué économique. Et c'est alors qu'il faisait l'objet d'une enquête en lien avec ce détournement confirmé, que Paul* paraît avoir récidivé.

C'est entravé qu'il a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Vevey. Il y est arrivé en souriant et a pris rapidement ses aises: il a réclamé un verre d'eau et est intervenu avec bagout. Le quinquagénaire risque une lourde peine et l'annulation de son sursis.

Ce qui lui est reproché démontre une sacrée imagination. Pour amadouer son défunt père à qui il a emprunté beaucoup d'argent, il lui a fait croire deux ans durant qu'il allait l'emmener faire du golf avec Obama. Très facile pour lui puisqu'il se disait aussi agent secret en liens avec la CIA. Il lui a aussi raconté qu'il devait régler un conflit avec le chanteur des U2, Bono, insulté sur facebook par sa sœur.

L'accusé conteste tout
Dans cette procédure qu'il conteste de A à Z, il apparaît aussi que l'homme se serait fait passer pour un Conseiller fédéral ou un magistrat. Pour démontrer à son père qu'il a été blanchi des accusations d'Aigle Région, il aurait confectionné de faux documents officiels évoquant un non lieu et une levée d'instruction signés du procureur Olivier Jotterand. Manque de pot, c'est celui-là même qui soutient de nouvelles accusations contre lui.

Un bon salaire mais...

Les motivations de ces énormes mensonges sont l'argent. Alors qu'il percevait 14'000 francs mensuels dans une société d'informatique, il aurait inventé de faux frais et des clients fictifs, allant même, soutient l'accusation, jusqu'à téléphoner en leur nom à son patron. Il lui a raconté que des agents secrets les espionnaient. Le préjudice auprès de son employeur est évalué à 150'000 francs.

Autre soupçon, il aurait profité des graves problèmes de santé de sa sœur pour lui soutirer de l'argent. Les sommes perçues se sont envolées dans la nature. Le jugement interviendra cette semaine. Paul saura alors si ses dénégations répétées avec fort détails auront eu l'adhésion du Tribunal ou pas.

* Prénom d'emprunt