Péninsule coréenne

07 novembre 2017 11:24; Act: 07.11.2017 11:32 Print

Donald Trump: «Au final, on trouvera une solution»

Le président américain, de passage en Asie, est optimiste quant à la résolution de la crise provoquée par le régime de Kim Jong-un.

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Arrivé le 5 novembre sur la base militaire américaine de Yokota, Donald Trump a entamé devant les soldats sa visite sur une note belliqueuse. «Personne, aucun dictateur, aucun régime et aucune nation ne devrait, jamais, sous-estimer la détermination de l'Amérique», a-il lancé, après avoir enfilé un blouson d'aviateur, dans une allusion à peine voilée à la Corée du Nord. Puis le président américain a passé un début de journée détendu, faisant une petite partie de golf avec le Premier ministre nippon Shinzo Abe. Le 6 novembre, Donald Trump et Shinzo Abe sont allés nourrir des poissons dans un étang de carpes koï. Pendant ce temps, la Première dame prenait des cours de calligraphie. Le président américain a rencontré l'empereur Akihito, lors d'une visite truffée de potentielles embûches protocolaires. Et il a passé le test du protocole, selon les experts. Petite restauration dans un palace tokyoïte. Donald Trump est arrivé le 7 novembre en Corée du Sud pour l'étape sensible de sa tournée asiatique, en raison de la crise sur le nucléaire nord-coréen. Mais en dépit des divergences des deux alliés sur ce dossier, le président américain a promis de «régler tout ça» avec son homologue Moon Jae-in. Lors d'une conférence de presse avec Moon Jae-in, le président américain a réaffirmé qu'il était prêt à utiliser la pleine puissance de l'armée américaine pour empêcher Pyongyang d'atteindre ses objectifs nucléaire et balistique. Mais il s'est aussi montré conciliant: «Il fait sens que la Corée du Nord vienne à la table pour obtenir un accord». Visite dans le camp Humphreys de l'armée américaine à Pyeongtaek. La Corée du Sud a mis les petits plats dans les grands pour la venue du président américain, avec un menu traditionnel alléchant: un plat de côte de boeuf accompagné d'une sauce au soja de 360 ans, de la sole grillée, le poisson préféré de M. Trump, et une crevette pêchée, selon le palais présidentiel, près d'îlots isolés en mer du Japon, revendiqués à la fois par la Corée du Sud et le Japon. Pourtant sa venue ne faisait pas l'unanimité. Nombre de Coréens craignaient que Donald Trump ne se lâche, et l'ont fait savoir lors de plusieurs manifestations à Séoul. «Il serait désastreux que (M. Trump, ndlr) dise ce qui lui passe par la tête de manière intempestive», selon un professeur de l'Université d'études nord-coréennes de Séoul, qui craignait que le président américain ne profite de son passage pour provoquer la Corée du Nord, ce qui aurait pu «exacerber encore les tensions militaires». Le 8 novembre, Donald Trump a annulé au dernier moment une visite surprise sur la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées, en raison du mauvais temps. L'objectif initial du président américain était d'y retrouver son homologue sud-coréen Moon Jae-in, pour une image chargée en symboles. «Il est vraiment frustré», a souligné une porte-parole de l'exécutif américain. Après sa déconvenue, le président américain s'est exprimé devant l'Assemblée nationale sud-coréenne. Dans son discours, il a appelé la «cruelle dictature» de Corée du Nord à ne jamais sous-estimer l'Amérique. Il a ensuite appelé son jeune dirigeant Kim Jong-un à sortir de son isolement par la voie diplomatique. Puis, le chef de la Maison-Blanche a embarqué pour la prochaine étape de son voyage: la Chine. Donald Trump est arrivé à Pékin le jour même. Le dossier nord-coréen et et l'immense déficit commercial des Etats-Unis étaient au menu de sa visite dans l'Empire du Milieu. Pour bien commencer, le président américain a visité la Cité interdite avec son homologue Xi Jinping. Son guide particulier n'a pas manqué de lui faire une petite leçon sur l'histoire chinoise. Puis, une petite tasse de thé avant d'assister à un spectacle d'opéra et d'acrobaties. Les choses sérieuses ont commencé le 9 novemre. Donald Trump a souligné la nécessité d'«agir vite» sur le dossier nord-coréen, appelant Xi Jinping à s'impliquer fortement sur ce dossier. Le président américain et son homologue chinois ont également dévoilé une série d'accords pour un montant de 253,4 milliards de dollars. Pendant ce temps, les Premières dames Peng Liyuan et Melania Trump ont participé à divers activités... Le président américain est arrivé le 11 novembre au Vietnam, avant dernière étape de sa tournée. Il y a participé au sommet de l'Apec (Forum de coopération économique Asie-Pacifique) à Danang. Donald Trump a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine en marge du commet. Ce dernier lui a assuré qu'il ne s'était «absolument pas mêlé» de l'élection présidentielle américaine, a dit le président américain à des journalistes. Il s'agit «d'absurdités», a dit M. Poutine. A Hanoï, le 12 novembre, il a rencontré le président Tran Dai Quang, à qui il a offert d'être «médiateur» dans le conflit de la mer de Chine méridionale. Donald Trump a terminé son périple par les Philippines. A Manille, il a loué ses bonnes relations avec Rodrigo Duterte, dirigeant controversé en raison de la guerre sanglante qu'il a déclenchée contre la drogue. Un thème qui n'a pas été abordé lors de la rencontre entre les deux dirigeants. Dans les rues de la capitale philippines, sa venue n'a pas fait que des heureux. L'avion présidentiel Air Force One a quitté l'aéroport international Ninoy Aquino le 14 novembre dans l'après-midi. A l'heure du bilan, le président américain se dit très satisfait: «Je me suis fait beaucoup d'amis, au plus haut niveau», a-t-il déclaré aux journalistes peu avant son départ.

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Pyongyang pose une menace mondiale qui implique une réponse mondiale, a affirmé mardi Donald Trump à Séoul, tout en faisant état de «beaucoup de progrès» dans les efforts pour régler le dossier nucléaire nord-coréen.

Flanqué de son homologue sud-coréen Moon Jae-In, le président américain a réaffirmé lors d'une conférence de presse qu'il était prêt à utiliser la pleine puissance de l'armée américaine pour empêcher la Corée du Nord d'atteindre ses objectifs nucléaire et balistique.

Mais il s'est aussi montré conciliant: «Il fait sens que la Corée du Nord vienne à la table pour obtenir un accord qui soit bon pour les Nord-Coréens et le monde». Pyongyang représente «une menace mondiale qui appelle une action mondiale», a-t-il réaffirmé, tout en confiant voir «certaines choses bouger».

«Je pense que nous faisons beaucoup de progrès», a-t-il poursuivi sans donner de précision, mais en affirmant que son homologue chinois Xi Jinping -qu'il ira rencontrer dans son pays après son étape sud-coréenne- avait «été vraiment très, très utile».

Après une première escale relativement détendue à Tokyo, Séoul paraissait une étape compliquée pour le président américain qui entretient des relations bien moins chaleureuses avec Moon Jae-In qu'avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Une étape par ailleurs beaucoup plus sensible puisque cette première visite du président américain intervient après des mois de dégradation continue du climat sur la péninsule divisée.

«On trouve toujours une solution»

En cause bien sûr l'intensification des programmes militaires de Pyongyang, qui a réalisé en septembre son sixième essai nucléaire -le plus puissant à ce jour- et testé plusieurs missiles potentiellement susceptibles d'atteindre le territoire américain. Mais les tensions ont aussi été alimentées par la surenchère verbale et les échanges d'insultes entre M. Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Dans ce contexte, certains experts s'inquiétaient par avance des déclarations intempestives du bouillant président américain non seulement vis-à-vis de Pyongyang, mais aussi vis-à-vis de M. Moon dont il avait critiqué en septembre la politique d'«apaisement» vouée à l'échec.

Mais avant même son arrivée sur la péninsule, M. Trump a fait montre d'optimisme et de mesure, annonçant dans un tweet qu'il allait «régler tout ça» avec l'«homme de valeur» qu'est M. Moon.

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé peu avant 12H30 (03H30 GMT) sur la base aérienne d'Osan, près de Séoul, où M. Trump et son épouse Melania ont été accueillis par la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères Kang Kyung-Wha.

«Au final, on trouvera une solution» au problème nord-coréen, a même promis en début d'après-midi le président américain à Camp Humphreys, QG des 28'500 militaires américains stationnés en Corée du Sud, à 90 km au sud de Séoul. «On trouve toujours une solution, il faut qu'on trouve une solution», a-t-il ajouté.

«Un vrai ami»

De son côté, M. Moon -dont les parents avaient été évacués du Nord pendant la Guerre de Corée (1950-1953) par un navire américain- a salué la relation historique avec Washington.

«On dit que c'est dans le besoin qu'on reconnaît un vrai ami», a déclaré à M. Trump le président sud-coréen. «Les Etats-Unis sont un vrai ami qui a été avec nous et qui a versé son sang à nos côtés quand nous étions dans le besoin.»

Lundi, M. Trump avait pu s'assurer du soutien total du Japon à sa politique nord-coréenne, qui défend l'idée que «toutes les options sont sur la table» vis-à-vis de Pyongyang. «L'heure de la patience stratégique est révolue», a réaffirmé à Tokyo M. Trump lundi, en référence à la doctrine de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Mais, alors que la capitale sud-coréenne est inquiète de se savoir à portée de l'artillerie nord-coréenne, M. Moon demande à Washington qu'aucune intervention militaire contre Pyongyang ne se fasse sans son consentement préalable.

La Corée du Sud n'en a pas moins déroulé le tapis rouge pour M. Trump. L'enjeu, pour Séoul, est d'obtenir des assurances sur la solidité de l'alliance bilatérale, en dépit de la personnalité d'un président américain qui avait promis «le feu et la colère» à Pyongyang. La population sud-coréenne est divisée face à Donald Trump, qui est l'objet de manifestations de sympathie et de défiance depuis ce week-end à Séoul.

«Ses bombes rhétoriques disent tout»

«Les Coréens ont beau être calmes au sujet de la guerre des mots entre Trump et Kim, nous chérissons nos vies autant que les Américains chérissent la leur et la perspective d'une guerre nous effraie», observait mardi dans un éditorial le «Korea Times». Avant d'ajouter au sujet du président américain: «Ses bombes rhétoriques disent tout.»

M. Trump s'exprimera mercredi devant les parlementaires sud-coréens mais fera l'impasse sur la visite de la DMZ, pourtant un passage -quasi- obligé de tous les présidents américains.

Autre épineux dossier à l'agenda bilatéral, l'accord de libre-échange entre Séoul et Washington, que Donald Trump avait menacé d'abandonner parce qu'il était un traité «horrible» et «tueur d'emplois».

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Nico123 le 07.11.2017 12:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trump

    Une action mondiale ? ??? Me Trump vous avez largement contribué à la situation actuelle... alors c'est VOTRE problème ! Merci de le régler par vous même... Car votre petite phrase ressemble fort à une recherche de coalition !

  • La Palisse le 07.11.2017 12:17 Report dénoncer ce commentaire

    Vérité

    Tout probleme a une solution,car toute solution n'est pas un probleme

  • Chrystelle le 07.11.2017 12:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    nimportenawak

    MDR " crise provoquée par Kim Jong-un " heuuu si je me rappelle bien c'est Trump qui à foutu le caca en premier, et ça date depuis plusieurs années non? Il est vraiment grave ce mec vraiment.

Les derniers commentaires

  • Donald le 07.11.2017 19:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    peace

    Je crois que Trump ne dois pas connaitre l'histoire des Etats-unis.. la veritable menace mondiale s'est bien ce pays qui na fais que semer le chaos depuis qu'il a été créé.. et s'est enrichi grace au guerre qu'ils ont magnigancer

  • Jamesdom le 07.11.2017 17:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une seule solution

    La solution existe=le petit bouton rouge à gauche du téléphone rouge.

  • BleuPomme le 07.11.2017 14:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    impérial

    la solution est de vendre un max. d'armement made in us et plus de marines dans la région.

  • Michel Bertrand le 07.11.2017 14:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    notre sauveur

    Le seul homme qui s'oppose à la tyrannie: vive le président Trump !

    • Nico123 le 07.11.2017 16:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Michel Bertrand

      MDR !

  • danny le 07.11.2017 13:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    gonflé

    il est gonflé de dire 'crise mondiale" alors que c'est surtout l'USA, ta merde que tu as provoqué, tu l'as garde.

    • Griotte le 07.11.2017 15:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @danny

      Non ces prédécesseurs, ne ten déplaise!

    • George Wxyz le 08.11.2017 12:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Griotte

      Ah et c'est parce que c'est ces prédécesseurs que Kim multiplie les essais de missiles depuis l'arrivée de Trump et pas avant?... Ça doit sûrement être ça...