Francfort

25 septembre 2017 14:02; Act: 25.09.2017 14:03 Print

Le «dieselgate» a porté préjudice au salon

L'affluence au salon de Francfort est en nette baisse par rapport à 2015. Un «contexte particulièrement difficile» est évoqué.

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Environ 810'000 personnes ont visité la 67e édition du salon de l'automobile de Francfort (IAA), grand-messe européenne du secteur, un recul marqué par rapport à 2015. Ce repli est lié, selon les organisateurs, aux incertitudes autour du diesel.

Lors de l'édition précédente du plus grand salon allemand, organisé tous les deux ans en alternance avec le Mondial de l'automobile de Paris, quelque 930'000 personnes avaient déambulé dans les allées de l'immense centre des expositions de Francfort.

«Cet IAA a eu lieu dans un contexte particulièrement difficile», a justifié lundi, dans un communiqué, la fédération allemande de l'automobile VDA, organisatrice du salon qui a fermé ses portes dimanche soir. «On parle depuis des mois, parfois de façon très émotive, du débat public autour du diesel et de possibles interdictions de circulation qui inquiètent les consommateurs et les clients», a regretté la fédération, se réjouissant du nombre de visiteurs atteint dans ces circonstances.

Depuis la révélation de la manipulation par le groupe Volkswagen de ses moteurs diesel il y a deux ans, cette technologie très répandue en Europe a de moins en moins la cote. De nombreux constructeurs sont désormais soupçonnés soit d'avoir fraudé, soit d'avoir exploité une réglementation floue pour masquer les émissions polluantes de leurs véhicules.

Les ventes s'effritent

En Allemagne, les ventes de voitures diesel s'effondrent, depuis quelques mois, alors qu'environ 70 villes dépassant les normes européennes d'oxydes d'azote (NOx) pourraient devoir interdire à la circulation les véhicules les plus polluants.

En inaugurant le salon mi-septembre, la chancelière Angela Merkel avait tapé sur les doigts des constructeurs allemands qu'elle a longtemps soutenus sans modération, sans pour autant vouloir fixer une date de mort aux voitures diesel et essence, contrairement au Royaume-Uni et à la France.

Après les élections législatives de dimanche, ce thème devrait figurer en haut de la liste des négociations entre les conservateurs de la chancelière et les Verts, possibles alliés pour former un gouvernement de coalition et dont une frange réclame l'interdiction des moteurs thermiques à partir de 2030. La perte d'attractivité de l'IAA s'est également traduite par l'absence remarquée de plusieurs constructeurs, dont Peugeot, Nissan, Tesla, Volvo et Fiat.

Les salons automobiles sont de plus en plus concurrencés par les salons technologiques. Et ils apparaissent de moins en moins aux yeux des marques comme des incontournables pour communiquer sur leurs nouveautés.

(nxp/ats)