Barry Keoghan

06 novembre 2017 21:43; Act: 06.11.2017 21:43 Print

«Pour moi, l’art est thérapeutique»

par Benjamin Blanc - Barry Keoghan pense que son passé douloureux lui permet de mieux interpréter ses rôles devant les caméras.

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Durant son enfance, l'Irlandais de 25 ans a vécu un foyer d'accueil. (Photo: AFP/Valery Hache)

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L'acteur de 25 ans campe un adolescent diabolique dans «Mise à mort du cerf sacré», au cinéma dès le 1 er novembre 2017, et voit sa carrière décoller. Une belle revanche sur la vie pour cet Irlandais combatif qui a passé une partie de son enfance placé dans un foyer après la mort de sa mère toxicomane.

Qu'avez-vous ressenti en jouant un ado de 16 ans dans ce film?
Je me suis concentré sur la façon de me tenir physiquement. Je pourrais incarner un gamin de 13 ans si je le voulais vraiment. J'ai regardé des documentaires sur les gosses et leur façon d'interagir
entre eux. Ils sont toujours dans l'instant présent alors que nous, adultes, passons notre temps à réfléchir et à nous faire du souci.

Comment vous êtes-vous mis dans sa tête?
Je ne peux pas imaginer me venger comme il le fait. Ce type est une menace, le diable. Ok, si quelqu'un s'en prenait à moi ou à ma copine, je riposterais. Je ne suis pas du genre à me laisser faire.
Mais je ne réagirais pas comme lui.

Vous pratiquez la boxe à fond, non?
Oui, je viens d'ailleurs de me faire mal à une main pendant un match. Il faut que je fasse une radio. Je m’étais engagé dans une compétition mais je dois abandonner à cause de cette blessure.

Que vous apporte la boxe?
J'adore être sur le ring, apprendre de nouvelles techniques, voir mon fitness s'améliorer. Oui, tu te bats mais c'est aussi beau à regarder. C'est beau de voir un boxeur bien bouger.

Vous avez été placé dans un foyer dans votre enfance. Vous y pensez quand vous jouez?
Inconsciemment, je pense que ça m'aide à jouer. Avoir vécu dans un foyer est la raison pour laquelle je suis acteur parce que j'ai besoin d'exprimer mes sentiments. Oui, il y a l'argent. Oui, c'est
fun de faire semblant d'être quelqu'un d’autre. Mais pour moi, l'art est thérapeutique.

Vous n'étiez pas intimidé par Nicole Kidman et Colin Farrell sur ce tournage?
Non, ils ont tout de suite dissipé la tension. Colin et Nicole ont été comme un père et une mère sur le plateau.

Comment réagissez-vous quand on vous cite comme un des acteurs les plus en vues du moment?
C'est agréable d’être reconnu pour mon boulot mais je ne veux pas me laisser distraire par ce genre de truc. Je trouve que les acteurs font souvent leur meilleur travail au début de leur carrière parce
qu'ils en veulent plus. Arrivés au sommet, ils perdent un peu l'intérêt et je ne veux pas que ça m'arrive.

Comment évitez-vous les écueils de la célébrité?
Je suis entouré de bonnes personnes, comme ma grand-mère et ma copine. Et je continue à vivre en Irlande où il y a moins de tentations.

Vous êtes aussi ambassadeur de Dior. La mode vous branche?
J’aime la mode. Je commence à apprécier les différentes marques, leurs vêtements et le boulot fou qu'il y a derrière les défilés, comme ceux de la Paris Fashion Week. Dior, c'est la classe. Cela me rappelle des stars de cinéma qui avaient de l'allure, comme Paul Newman. Je suis content que Dior s'occupe de moi.

Vous aimez ces vieilles stars hollywoodiennes?
Oh oui, en particulier Paul Newman et Marlon Brando. J'aime la façon dont ils parlaient aux femmes, comme de vrais gentlemen. Tu dois traiter une femme avec respect.

Regardez la bande-annonce du film «La mise à mort du cerf sacré», dès le 1er novembre au cinéma: