«Paradise Papers»

08 novembre 2017 13:55; Act: 08.11.2017 13:55 Print

Bernard Arnault et LVMH cités à leur tour

L'homme le plus riche de France aurait placé sa fortune dans six paradis fiscaux différents.

Voir le diaporama en grand »
Le quadruple champion du monde britannique de la F1 a utilisé une société-écran sur l'île de Man pour économiser la TVA lors de l'achat d'un nouveau jet privé de plus de 4 millions d'euros. (Mercredi 8 novembre 2017) L'homme le plus riche de France Bernard Arnault et son groupe LVMH, le géant mondial du luxe, sont cités à leur tour dans les révélations des Paradise Papers. Le Monde affirme qu'il aurait placé «des actifs dans six paradis fiscaux différents». (8 novembre 2017) Le groupe Dassault Aviation aurait joué un «rôle actif» dans des montages destinés à éviter à ses clients d'acquitter la TVA sur les jets privés, via l'île de Man (8 novembre 2017). Le géant pétrolier Total utiliserait des filiales aux Bermudes à des fins d'optimisation fiscale, selon le site de France Info.(8 novembre 2017) Le fabricant d'articles de sports a lui des sociétés offshore aux Bermudes et c'est à celles-ci que ses filiales devaient verser des centaines de millions d'euros pour utiliser les droits sur la marque. Avec les sommes importantes payées pour les licences, les bénéfices du groupe dans le monde ont été diminués, et donc le montant des impôts payés par Nike. (Mardi 7 novembre 2017) Selon le New York Times, la société de VTC Uber, ou encore le fabricant du Botox, le groupe Allergan, auraient eu recours à des montages semblables à Nike. Ces sociétés ont toutefois assuré «respecter les règles fiscales internationales». Apple aurait utilisé le paradis fiscal de Jersey pour continuer à ne pas payer d'impôts, ou très peu, après avoir dû mettre fin à des pratiques similaires en Irlande. La firme s'est défendu en affirmant que ses montages fiscaux étaient motivés par la volonté de payer l'essentiel de ses impôts aux USA. (Lundi 6 novembre 2017) Le géant américain Procter & Gamble aurait été exempté de 145 millions d'euros d'impôts. Selon le journal néerlandais de référence Trouw, un «accord secret» a été bouclé en 2008 entre le fabricant américain de produits d'hygiène et de consommation courante et un inspecteur des impôts néerlandais. P&G a démenti. (7 novembre 2017) Le leader du groupe de rock irlandais U2 s'est déclaré «totalement écoeuré» face aux accusations des «Paradise Papers» le liant à une entreprise lituanienne qui aurait fraudé le fisc, tout en se félicitant de ces révélations. (Lundi 6 novembre 2017) La chanteuse américaine Madonna aurait investi, selon Radio France, dans une société bénéficiant de taxes sur la plus-value quasiment inexistante. D'après le New York Times, la star aurait des parts dans une société de matériel médical. (7 novembre 2107) -La chanteuse colombienne Shakira, qui vit à Barcelone, serait domiciliée aux Bahamas pour des raisons fiscales et aurait transféré à Malte et au Luxembourg ses droits d'auteur, environ 31,6 millions d'euros, d'après Le Monde. (7 novembre 2017 Le ministre américain au Commerce a gardé des participations dans une société de transport maritime ayant des liens d'affaires étroits avec un oligarque russe visé par des sanctions américaines et avec un gendre de Vladimir Poutine. (Lundi 6 novembre 2017) Elizabeth II disposerait, via le Duché de Lancaster, domaine privé de la souveraine et source de revenus, d'une dizaine de millions de livres sterling d'avoirs dans des fonds aux Iles Caïmans et aux Bermudes. Ces fonds sont investis dans de nombreuses sociétés dont Brighthouse, une entreprise de location-vente d'électroménager britannique accusée de profiter de la misère via des remboursements à taux d'intérêt prohibitifs. (Lundi 6 novembre 2017) Lle prince Charles aurait lui fait campagne pour que certains accords sur le changement climatique soient modifiés, sans révéler que le Duché de Cornouailles, un de ses sources de revenu, venait d'investir dans une société basée aux Bermudes qui profiterait de ses propositions. (6 novembre) Au Canada, le milliardaire Stephen Bronfman (à gauche), ami du Premier ministre Justin Trudeau et trésorier de son parti lors de sa campagne électorale en 2015, aurait placé 52 millions d'euros dans une société offshore aux Iles Caïmans. Le géant zougois des matières premières nie avoir acquis à bas prix des droits d'exploitation via un intermédiaire israélien soupçonné de corruption pour la mine de Katanga en République démocratique du Congo (RDC). Elle rappelle qu'elle a conclu les contrats avant que l'homme d'affaires israélien et négociant en diamants Dan Gertler n'entreprenne sa mission.(Lundi 6 novembre 2017) En première ligne dans l'affaire des «Paradise Papers», le cabinet d'avocats Appleby prodigue des conseils sur les placements offshore à des entreprises, des firmes financières et des individus fortunés.Il est au coeur de l'actualité après des révélations du Consortium international des journalistes d'investigation, basées sur la fuite de 13,5 millions de documents financiers

Une faute?

L'homme le plus riche de France Bernard Arnault et son groupe LVMH, le géant mondial du luxe, sont cités à leur tour mercredi dans les révélations des «Paradise Papers», le quotidien Le Monde affirmant que M. Arnault aurait placé «des actifs dans six paradis fiscaux différents».

LVMH, contacté par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat. Le journal français fait partie du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) regroupant 96 médias de 67 pays, qui dévoile depuis dimanche des enquêtes basées sur une fuite de 13,5 millions de documents financiers.

Le milliardaire Bernard Arnault, première fortune de France et 11e mondiale selon Forbes, aurait «fait appel à au moins huit cabinets de conseil différents pour localiser ses actifs dans six paradis fiscaux différents», affirme Le Monde.

Le Monde cite ainsi une propriété au nord de Londres de 4300 m2, dont le propriétaire apparaissait jusqu'à présent dans le cadastre britannique comme «une simple société enregistrée à Jersey».

Mais «les investigations du Monde dans les Paradise Papers révèlent» qu'«il s'agit de Bernard Arnault» et que son nom «apparaît dans un des fichiers clients du gestionnaire de grandes fortunes Coutts, transmis au détour d'une négociation à Appleby», le cabinet d'avocats en première ligne dans l'affaire des «Paradise Papers».

Le terrain à lui seul vaudrait «un peu moins de 15 millions d'euros», et les coûts de construction de la propriété seraient «bien supérieurs à 3,4 millions d'euros», selon des sources citées par le quotidien.

«Jersey n'est pas la seule juridiction offshore dont profite le milliardaire français pour placer ses biens privés», poursuit-il, ajoutant que selon son enquête, «un luxueux yacht de 101 mètres réputé lui appartenir, le Symphony, est détenu par une société maltaise, Sonata Yachting Limited» et bat pavillon aux Caïmans.

13,5 millions de documents financiers

«Ce sont des prête-noms qui dirigent et possèdent officiellement les parts» de cette société maltaise, «mais elle appartient en réalité à LVMH, comme le révèle une petite ligne dans le rapport annuel du groupe», écrit Le Monde.

Menée par l'ICIJ, qui regroupe 96 médias implantés dans 67 pays, une vaste enquête, basée sur la fuite de 13,5 millions de documents financiers, lève le voile depuis dimanche sur l'opacité des circuits d'optimisation fiscale utilisés par des personnalités et des multinationales comme Apple, Uber et Nike.

Ces révélations relancent le débat politique sur la réponse à apporter aux pratiques d'optimisation fiscale.

LVMH - MOET HENNESSY LOUIS VUITTON

(nxp/afp)